La polyarthrite rhumatoïde, une maladie inflammatoire chronique 

La polyarthrite rhumatoïde est une pathologie chronique invalidante qui touche entre 0,3 et 0,8 % de la population mondiale selon l’OMS.

Débutant souvent entre 20 et 50 ans, 300 000 patients en France en souffrent et plusieurs milliers de nouveaux cas par an sont déclarés. Les femmes sont plus touchées que les hommes.

Dans les 10 ans qui suivent son apparition, plus de 50 % des malades sont dans l’incapacité d’occuper un emploi à plein temps. Elle limite les mouvements des sujets atteints dans 80 % des cas et 25 % se retrouvent dans l’impossibilité d’exécuter les tâches de la vie quotidienne.

Quelles sont les mécanismes de la polyarthrite rhumatoïde

La polyarthrite rhumatoïde (PR) est caractérisée par l’inflammation et la destruction progressive des articulations. Pour rappel, l’inflammation est le mécanisme permettant à l’organisme de se défendre contre les agressions chimiques, toxiques et microbiennes. Dans le cas de la polyarthrite rhumatoïde, cette inflammation est excessive et surexprimée en permanence, entraînant des symptômes douloureux articulaires et causant des lésions irréversibles.

La PR se développe par poussées inflammatoires dont la durée et l’intensité varient. Au fil du temps, des complications apparaissent, entrainant pour le patient des difficultés dans les gestes simples du quotidien.

Au-delà de l'aspect physique, la PR affecte le quotidien du malade à plusieurs égards. Le patient atteint de la pathologie ressent des difficultés à se servir de ses mains, souffre de fatigue, l'empêchant d’accomplir certaines activités du quotidien et entraînant un sentiment de frustration.

D’autres manifestations non articulaires peuvent apparaitre dans le cas d’une polyarthrite rhumatoïde sévère. Diagnostiquer et traiter de manière précoce le patient est nécessaire afin de limiter le risque de manifestations extra-articulaires qui peuvent toucher les vaisseaux et le cœur, les reins, les poumons. 

Comment la polyarthrite rhumatoïde débute-elle ?

La polyarthrite rhumatoïde débute généralement de manière progressive en s’attaquant graduellement à différentes articulations. Elle peut également survenir brutalement et se manifeste alors par l’inflammation soudaine et simultanée de plusieurs articulations. 

L’inflammation est dans la plupart des cas symétrique et affecte de manière uniforme les articulations des deux côtés du corps. L’inflammation débute le plus souvent au niveau des articulations suivantes : poignets, mains, pieds, orteils, doigts.

La polyarthrite rhumatoïde peut également toucher d’autres membres : épaules, coudes, chevilles, genoux.

Comment est diagnostiquée la polyarthrite rhumatoïde ?

Le diagnostic d’une polyarthrite rhumatoïde est complexe. Le médecin rhumatologue s’appuie sur plusieurs signes cliniques et effectue différents tests afin d'établir ses conclusions.

L’examen des articulations

Le médecin examine et teste les articulations de son patient afin d’évaluer leur mobilité, le niveau de douleur, constater un gonflement…Il vérifiera également la force musculaire du patient.

Suite à cette première étape d'observation, le médecin effectue des analyses sanguines afin de vérifier :

  • Des signes d’inflammation : augmentation de la Protéine C Réactive (CRP), et de la vitesse de sédimentation globulaire.
  • La présence du « facteur rhumatoïde ». À noter que son absence ne permet pas d’éliminer la piste d’une potentielle polyarthrite rhumatoïde.  
  • La trace d’autres anticorps significatifs (anticorps ACPA, anti-CPP) d’une maladie auto-immune.

Le bilan radiologique

Le bilan radiologique consiste à effectuer des radiographies des pieds, des poignets ou encore des mains en fonction des zones touchées. Effectuer ces clichés en début de maladie permet de suivre l’évolution celle-ci.

Le diagnostic précoce de la polyarthrite rhumatoïde va permettre de mettre rapidement en place le traitement et d’éviter les atteintes articulaires.

Quelles sont les causes de la polyarthrite rhumatoïde ?

L’origine de la polyarthrite rhumatoïde est encore inconnue. Plusieurs hypothèses sont avancées et se classent en 2 grandes parties : les facteurs génétiques & les facteurs environnementaux.

Les facteurs génétiques

Il existe des gènes de prédisposition à la polyarthrite rhumatoïde mais ils ne sont pas observés chez tous les malades. Aussi, il est possible de retrouver ces marqueurs chez des sujets sains. Ainsi, la présence ou non de ces gènes ne permet donc pas d’établir un diagnostic définitif.

Les facteurs environnementaux

Certains facteurs dus au mode de vie peuvent être à l’origine de la polyarthrite rhumatoïde. Le tabac, les chocs émotionnels, l’obésité, une mauvaise hygiène dentaire…pourraient favoriser son apparition.

Comment la polyarthrite rhumatoïde créée des lésions au niveau des articulations ?

La polyarthrite rhumatoïde entraîne une inflammation au niveau de la membrane synoviale. Cette dernière joue un rôle majeur dans le bon fonctionnement de l’articulation puisqu’elle sécrète un liquide destiné à lubrifier l’articulation et nourrir le cartilage.

L’’inflammation de la membrane synoviale provoque un épaississement et une sécrétion anormale du liquide synovial au niveau de l’articulation. Ce phénomène va entrainer petit à petit une destruction des structures de l’articulation :

  • L’os autour de l’articulation se déminéralise
  • Le cartilage s’abrase et s’amincit
  • Les ligaments et les tendons sont affaiblis et peuvent se déchirer

Le suivi médical de la polyarthrite rhumatoïde

Une fois le diagnostic de la polyarthrite rhumatoïde confirmé, un système de suivis de l’évolution va être mis en place. Le score DAS28 est un indice qui intègre différents critères cliniques permettant au médecin rhumatologue d’évaluer l’état de la maladie à un instant précis.

Le DAS28 est un indicateur essentiel pour suivre l’évolution de la maladie mais aussi juger si le patient répond ou non à son traitement.

Échelle DAS 28

DAS supérieur à 5,1 = Activité forte
3,3 < DAS28 > 5,1  = Activité modérée
2,6 < DAS28 > 3,2 = Activité faible
DAS28 inférieur à 2,6 = Rémission clinique


D’autres critères doivent être intégrer par le médecin rhumatologue comme le score HAQ destiné à évaluer les répercussions de la maladie sur son quotidien (se lever, s’habiller, manger, marcher…)

Le dialogue entre le rhumatologue et son patient est également primordial pour envisager d’autres scénarios thérapeutiques si celui en cours ne fait pas ses preuves. Le patient atteint de polyarthrite rhumatoïde ne doit donc pas hésiter à faire part à son médecin de toutes les difficultés qu’il traverse au quotidien.

La polyarthrite rhumatoïde au quotidien

Le dérouillage matinal

Au réveil, les personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde peuvent souffrir de raideurs articulaires. Plusieurs heures sont parfois nécessaires pour faire disparaitre ces raideurs et remettre les articulations en route.

La fatigue

Les patients souffrant de polyarthrite éprouvent de la fatigue. Plusieurs raisons expliquent cela : les douleurs dues à l’inflammation, les réveils nocturnes, la fragilité musculaire. Afin de lutter contre cet état, il est vivement conseillé aux malades de pratiquer une activité physique régulière et, adaptée à la maladie.

La douleur

La polyarthrite rhumatoïde est une maladie douloureuse. Son intensité varie en fonction de la journée. Cela entraîne des répercussions sur le moral et l’humeur du patient. Des traitements sont disponibles pour diminuer ou supprimer les poussées, contrôler les destructions articulaires afin d’aider le patient à gérer les symptômes de sa maladie.

Les poussées

Dans la plupart des cas, lorsque le patient atteint de PR subit une poussée aiguë de sa maladie, celui-ci souffre des symptômes suivants :

  • Douleurs aux articulations atteintes pouvant être continuelles pendant la crise et avoir des      conséquences sur le psychisme du malade.
  • Un gonflement d’une ou plusieurs articulations.
  • Une raideur matinale des articulations durant de 30 à 60 minutes. Cette raideur peut faire de nouveau son apparition lorsque le patient est immobile trop longtemps.

Si elle n’est pas contrôlée par un traitement, la maladie évolue et il devient compliqué pour le patient d’utiliser normalement les articulations touchées.

Mode de vie et polyarthrite rhumatoïde

En parallèle des traitements, il est important que le patient adapte un mode de vie qui l’aidera à mieux gérer la maladie.

Le lien entre alimentation et activité de la polyarthrite n’est pas scientifiquement prouvé et à ce jour, aucun régime ne permet de stopper la progression de la maladie. En revanche, adopter une alimentation équilibrée et variée améliore la qualité de vie des patients (perte de poids, gestion de la douleur…)

Pratiquer une activité physique est fortement recommandé. Elle doit en revanche être adaptée en fonction du stade de la maladie et doit être encadrée par un médecin ou un kinésithérapeute.